E lucevan
le Stelle
Récital
Puccini 17 Octobre 2015, Londres Royal Festival Hall.
Jonas à
peine fini de chanter est ovationné, couvert de fleurs , les éclats de son âme
capturés dans les boites photographiques. Dans les heures qui suivent, les
plumes du monde lyrique se délient. Ecrire, vite , trouver l’analyse parfaite, tenter
de mettre des mots sur ce perpétuel
éblouissement, “legatos de rêve, diction parfaite” et si certains
tentent de trouver la faille, la simplicité
bienveillante du ténor en désarme plus d’un.
Mais la
singularité exceptionnelle de l’artiste va bien au delà de toute tentative
analytique .
Ce soir
là, le “tenor assoluto” chante Puccini, 6 arias magnifiques plus les rappels,
sous la baguette subtile du généreux Jochen Rieder.
Jonas
entre et la salle soudain se tait, puis, le silence, comme une prière, sur ses paupières
closes “Ecco la casa… torna ai Felici di" .Intimes pianissimos, douleurs
fracassantes, splendeur des graves.
Ma fille de 18 ans plutôt rock et pop, l’entend pour la première fois. A l’entracte, conquise, elle me dira les frémissements de son coeur, avec dans les yeux une petite lueur familière.
Ma fille de 18 ans plutôt rock et pop, l’entend pour la première fois. A l’entracte, conquise, elle me dira les frémissements de son coeur, avec dans les yeux une petite lueur familière.
C’est que
Jonas, lorsqu’il chante, porte en lui les chavirements de son âme, brûle de
toutes les fièvres, appelle à lui les grands débordements , tout ce qui nous
enflamme et tout ce qui se tait .
Il
s’avance lentement, sur les premières
mesures de ” È lucevan le stelle”, en symbiose parfaite avec la musique , plus
un souffle, il se plante là dans ce temps suspendu, des nuages sur ses yeux
sombres et murmure son chagrin.
Lorsque vient le moment du dernier rappel “Ombra di Nube” le ciel est entré dans la
salle, le doux son du violoncelle , près
de lui, torpeur des jours d’été , un rêve de bleu, les brises marines, le désir
d’éternité, sublime douceur de la voix. Pris dans un rêve, nous rendons les
armes, une fois de plus.