Tribute to Opera Art and Poetry
Monday, 23 October 2017
Friday, 11 December 2015
Incendiaire.
Texte inspiré par Jonas Kaufmann dans
“Invocation à la Nature” Damnation de Faust Berlioz.
Décembre 2015 Opéra de Paris.
Incendiaire
Le silence,
Comme une page blanche,
tout près de basculer.
Le vent, le grand vent te traverse et
t’emporte
Les voiles de la nuit autour de toi scintillent
Tu te tiens là, des songes dans tes yeux
Le coeur ouvert, tourné vers l’infini
Ta voix de terre brune trace tous les chemins
Torrent de matières sonores
de sources vives
Incendiaire
tu chantes.
Tuesday, 20 October 2015
E lucevan le Stelle
E lucevan
le Stelle
Récital
Puccini 17 Octobre 2015, Londres Royal Festival Hall.
Jonas à
peine fini de chanter est ovationné, couvert de fleurs , les éclats de son âme
capturés dans les boites photographiques. Dans les heures qui suivent, les
plumes du monde lyrique se délient. Ecrire, vite , trouver l’analyse parfaite, tenter
de mettre des mots sur ce perpétuel
éblouissement, “legatos de rêve, diction parfaite” et si certains
tentent de trouver la faille, la simplicité
bienveillante du ténor en désarme plus d’un.
Mais la
singularité exceptionnelle de l’artiste va bien au delà de toute tentative
analytique .
Ce soir
là, le “tenor assoluto” chante Puccini, 6 arias magnifiques plus les rappels,
sous la baguette subtile du généreux Jochen Rieder.
Jonas
entre et la salle soudain se tait, puis, le silence, comme une prière, sur ses paupières
closes “Ecco la casa… torna ai Felici di" .Intimes pianissimos, douleurs
fracassantes, splendeur des graves.
Ma fille de 18 ans plutôt rock et pop, l’entend pour la première fois. A l’entracte, conquise, elle me dira les frémissements de son coeur, avec dans les yeux une petite lueur familière.
Ma fille de 18 ans plutôt rock et pop, l’entend pour la première fois. A l’entracte, conquise, elle me dira les frémissements de son coeur, avec dans les yeux une petite lueur familière.
C’est que
Jonas, lorsqu’il chante, porte en lui les chavirements de son âme, brûle de
toutes les fièvres, appelle à lui les grands débordements , tout ce qui nous
enflamme et tout ce qui se tait .
Il
s’avance lentement, sur les premières
mesures de ” È lucevan le stelle”, en symbiose parfaite avec la musique , plus
un souffle, il se plante là dans ce temps suspendu, des nuages sur ses yeux
sombres et murmure son chagrin.
Lorsque vient le moment du dernier rappel “Ombra di Nube” le ciel est entré dans la
salle, le doux son du violoncelle , près
de lui, torpeur des jours d’été , un rêve de bleu, les brises marines, le désir
d’éternité, sublime douceur de la voix. Pris dans un rêve, nous rendons les
armes, une fois de plus.
Monday, 5 October 2015
Les particules célestes .
"Aida" Verdi Munich Bayerishe Staatsoper 1/10/2015
Ténor Jonas Kaufmann
Les particules célestes.
ll est difficile, voire impossible, de sortir indemne des passages fulgurants de Jonas Kaufmann.Quant à moi,il me faut toujours, passé le choc émotionnel de la soirée, laisser cette beauté de la voix de Jonas et son jeu magnifique, particules célestes, redescendre, se poser doucement, dans le cœur et l’âme.
Jonas/Radames était tout simplement extraordinaire hier à Munich.
Le décor, de grands panneaux blancs tournant à chaque scène, critiqué par certains, fait du coup la part belle au chant. Curieuse “Aida” où les décors, les costumes disparaissent, cèdent la place à la beauté du chant, du jeu et cette fabuleuse musique de Verdi. Nous sommes au coeur du drame, témoins émerveillés d’un opéra intimiste, déchirant, à l'opposé des productions péplums d'Aida auxquels on est habitué.
Dans les deux premiers actes, Jonas, s’il ne chante pas beaucoup, apparaît resplendissant guerrier, rayonnant, lançant au ciel des éclats fulgurants, silencieux parfois , et puis disparaît dans le décor en mouvement.
Son céleste Aida du premier acte, seul dans la lumière et sa voix brisant le silence, donnent le ton, nous revoilà partis dans les étoiles, des palpitations au coeur, le souffle suspendu à ce diminuendo lumineux qui fait place au silence.
C’est dans les deux derniers actes que Jonas le Magnifique nous cloue au fauteuil. Dans l’acte 3, guerrier splendide ( Nel fiero anelito …) et amant désespéré (Fuggiam gli ardori...il ciel de nostri amori come scordar potrem…) sa voix puissante et chaude éclatante et suave, un trésor lumineux, une incandescence déchirante.
Et puis dans la nuit le scintillement tragique du dernier acte. Radames va mourir enfermé dans le tombeau, rejoint bientôt par Aida ( la fatal pietra sovra me si chiuse…). La voix de Jonas, dans les filets obscurs de la mort qui approche, plaintive, sussure le nom d’Aida, puis éclate, fulgurance métallique ( tu in questa Tomba…)allant se planter droit dans nos coeurs.
Enfin, “O terra addio adio valle di pianti” , la mort des amants. Radames Aida Amneris, la voix triste du choeur , la nuit se referme sur les amants mais leur amour est sans fin. Le chant se fait murmure, comme un feu qui s’éteint, les lèvres du ténor chantent le crépuscule, la promesse d’une vie éternelle. (a noi si sciude il ciel e l’alme erranti)
Le vacarme des grands combats s'est tu, pureté de la ligne puis, le silence.
Standing ovation pour le tenorissimo, Jonas le céleste, qui bouscule tout, transforme tout ce qu'il touche, et nous emporte, comme un torrent.
Sunday, 30 August 2015
Jonas Kaufmann, capteur de merveilles.
Jonas Kaufmann, capteur de merveilles .
Carmen Chorégies d'orange Juillet 2015.
Il y a dans ce monde des êtres qui irradient cette lumière intérieure, si chère à nos coeurs. Sans le vouloir, ils transmettent à leurs semblables des moments fugitifs d'éternité, qui mettent du baume à nos âmes en mal d'absolu.
Jonas est l'un de ces capteurs de merveilles.
A chacune de ses apparitions fulgurantes, outre une maîtrise vocale sans pareil, il touche en nous quelque chose qui va au-delà de tout jugement esthétique ou technique. Il cristallise tout ce que l'âme humaine possède de sublime, la beauté du monde, le désir d'éternité, les vertiges de la passion, ce besoin de l'homme de saisir l'insaisissable.
Tout cela, il l'attrape, s'en empare et nous le rend avec une simplicité désarmante, au détour d'un pianissimo déchirant ou lorsque sa voix se fait sombre et puissante.
Une voix divine mais également ce don magnifique de la présence, cette capacité à transmettre dans son jeu les fluctuations de l'âme et les palpitations du coeur.
Passeur de lumière, il nous emporte, nous enlève, nous laisse sidérés et toujours au regret de ne pouvoir retenir ces visions, ces merveilles.
Cathie Hubert .
Carmen Chorégies d'orange Juillet 2015.
Il y a dans ce monde des êtres qui irradient cette lumière intérieure, si chère à nos coeurs. Sans le vouloir, ils transmettent à leurs semblables des moments fugitifs d'éternité, qui mettent du baume à nos âmes en mal d'absolu.
Jonas est l'un de ces capteurs de merveilles.
A chacune de ses apparitions fulgurantes, outre une maîtrise vocale sans pareil, il touche en nous quelque chose qui va au-delà de tout jugement esthétique ou technique. Il cristallise tout ce que l'âme humaine possède de sublime, la beauté du monde, le désir d'éternité, les vertiges de la passion, ce besoin de l'homme de saisir l'insaisissable.
Tout cela, il l'attrape, s'en empare et nous le rend avec une simplicité désarmante, au détour d'un pianissimo déchirant ou lorsque sa voix se fait sombre et puissante.
Une voix divine mais également ce don magnifique de la présence, cette capacité à transmettre dans son jeu les fluctuations de l'âme et les palpitations du coeur.
Passeur de lumière, il nous emporte, nous enlève, nous laisse sidérés et toujours au regret de ne pouvoir retenir ces visions, ces merveilles.
Cathie Hubert .
Saturday, 29 August 2015
L'éternité, un jour.
Jonas Gstaad 21 Août 2015
“Cuando
le sere al placido”
Luisa Miller, Verdi .
L’éternité,
un jour .
Debout,
tes yeux comme des ailes
Repliés
sur ton âme
Tu prends
le ciel dans tes filets
Ta voix éblouissante
Un feu
qui se consume
Dans ta
gorge rayonne
Le
souffle des étoiles
Et puis
comme un mendiant
Tes
lèvres vers le ciel
Tu
murmures la plainte
Des
étreintes perdues
Le temps
s’est arrêté
Suspendue
à ta voix
J’entrevois
dans un rêve
L’éternité,
un jour.
Cathie Hubert 29/08 2015
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