Carmen

Carmen
Jonas Kaufmann

Sunday, 30 August 2015

Jonas Kaufmann, capteur de merveilles.

Jonas Kaufmann, capteur de merveilles .

Carmen Chorégies d'orange Juillet 2015.

Il y a dans ce monde des êtres qui irradient cette lumière intérieure, si chère à nos coeurs. Sans le vouloir, ils transmettent à leurs semblables des moments fugitifs d'éternité, qui mettent du baume à nos âmes en mal d'absolu.

Jonas est l'un de ces capteurs de merveilles.

A chacune de ses apparitions fulgurantes, outre une maîtrise vocale sans pareil, il touche en nous quelque chose qui va au-delà de tout jugement esthétique ou technique. Il cristallise  tout ce que l'âme humaine  possède de sublime, la beauté du monde, le désir d'éternité, les vertiges de la passion, ce besoin de l'homme de saisir l'insaisissable.

Tout cela, il l'attrape, s'en empare et nous le rend avec une simplicité désarmante, au détour d'un pianissimo déchirant ou lorsque sa voix se fait sombre et puissante.

Une voix divine mais également  ce don magnifique de la présence, cette capacité à transmettre dans son jeu les fluctuations de l'âme et les palpitations du coeur.

Passeur de lumière, il nous emporte, nous enlève, nous laisse sidérés et toujours au regret de ne pouvoir retenir ces visions, ces merveilles.

Cathie Hubert .

Saturday, 29 August 2015

L'éternité, un jour.

Jonas Gstaad 21 Août 2015

“Cuando le sere al placido”
 Luisa Miller, Verdi .

L’éternité, un jour .

Debout, tes yeux comme des ailes
Repliés sur ton âme
Tu prends le ciel dans tes filets

Ta voix éblouissante
Un feu qui se consume
Dans ta gorge rayonne
Le souffle des étoiles 

Et puis comme un mendiant
Tes lèvres vers le ciel
Tu murmures la plainte
Des étreintes perdues

Le temps s’est arrêté
Suspendue à ta voix
J’entrevois dans un rêve
L’éternité, un jour.


Cathie Hubert 29/08 2015

Thursday, 27 August 2015



Pencil and charcoal on paper inspired by Jonas Kaufmann as Don Jose singing " La Fleur" in Carmen. Choregies d'Orange 2015 .

Monday, 24 August 2015

De la Terre au ciel.


De la terre au ciel.

Gstaad Menuhin Festival 2015
21 Août, Fesselnde Romantik

Jonas Kaufmann


Londres-Genève , je passe de l’ombre au soleil.

Le train longe le lac scintillant vers Montreux, voiles blanches , palmiers, petites plages , vignes en cascades et autres délices visuels.
Puis, le “Golden Pass”, (le passage d’or) nom du charmant petit train suranné, tout droit issu d’une autre époque, qui emmène les voyageurs des bords du lac aux cîmes des montagnes.

Comme Alice l’impression de passer  dans un autre monde, il y a dans l’air un mystère, une promesse joyeuse, un “je ne sais quoi”, ineffable.

Le petit train bleu commence son ascension vers les sommets . Mes voisins de passage gentiment me guident . Un monsieur et son panama, sorti tout droit des Indes coloniales, une jeune fille, chemisier blanc, rêve, le front contre la vitre, une dame élégante, un randonneur débonnaire, un couple d’amoureux, destins croisés, au détour d’un regard.

Nous gravissons lentement la montagne, laissant derrière nous le bleu du lac, au loin. Le paysage se fait joyeux, bucolique. Verts tendres, petits nuages sur fond bleu, jolis chalets, vallées profondes, pentes vertigineuses. J’entends dans les grands sapins , la voix du vent, légère et rassurante.

Une heure 30 plus tard Gstaad enfin, nichée au creux de la vallée. Un pas dehors , l’air pur sent le foin fraîchement coupé. Je passe la rivière et voici la tente du Festival, écrin d’un soir pour la voix de Jonas. Au-dessus, le ciel étoilé.

Prélude symphonique dirigé par le talentueux Jochen Rieder puis, ce silence .

Un frémissement imperceptible accompagne l’entrée en scène du ténor. Elégant, teint de bronze, le front balayé de mèches rebelles , il se tient là  présent , tout entier en lui même. Unique, il a cette fulgurante capacité à d’emblée habiter le personnage qu’il chante, en accord intime avec l’âme du monde.

La première aria “ Cuando le sere al placido “ ( Luisa Miller Verdi) nous plonge dans la lumière en quelques secondes.

L’amant trahi chante sa grande douleur, timbre puissant de terre solide du début, colère ardente et noire qui nous prend de plein fouet, nous déchire le coeur lorsque la voix se perd dans un sanglot, puis doucement sur ses lèvres implorantes, le désespoir immense “ah mi tradia”, le pianissimo déchirant de la fin.

Le récital entier, Verdi, Puccini, Mascagni, Ponchielli est à l’avenant, à chaque fois , le don de sa présence, le sentiment pour celui qui écoute,  de se trouver au centre du monde , d’assister à un instant d’éternité, pris dans un éblouissement qui nous suit, bien des jours après .

Ces quelques heures de merveilles sonores, ces pépites qu’il lance au ciel sont autant de cadeaux qui illuminent nos nuits de doute.

Ce soir là, ceux qui ne le connaissaient pas et les autres déjà pris dans ses filets, le portent aux nues , tentent de lui rendre un peu de cet amour qu’il distribue , passant du rire aux larmes , avec cette grâce qui le porte .
Une pirouette de joie plus tard , heureux, il nous quitte, laissant derrière lui de la poudre d’or.



©Cathie Hubert
24 Août 2015


















Saturday, 1 August 2015

Ce feu intense

Jonas chante Manon Lescaut 31juillet 2015 BSO Munich

Il est toujours difficile de laisser derrière soi les émouvants débordements des opéras de Puccini, plus encore lorsque Jonas/des Grieux , météorite flamboyant , traverse l'espace scénique et sonore, intense et fragile , tout entier incarné , présent , charnel jusque dans ses silences , déchirant la matière sonore, nous plongeant du même coup , dans ce feu intense et bouleversant de la passion absolue. Jonas prête son talent fou à ce chevalier au cœur pur , nous laissant deviner ce qui en lui résonne , au détour d'un sanglot .